Apprentis d'Auteuil
Sens et Finances - Le journal de la Philanthropie d'avenir
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La banque privée, un nouvel acteur dans le monde de la philanthropie

Publié le 14/04/2016

Devant la demande croissante de leurs clients fortunés, et notamment des entrepreneurs, les banques privées ont développé une offre solide en matière de philanthropie. Cela va désormais bien au-delà du simple conseil juridique ou fiscal. Revue de détails.

Vous voulez aider des jeunes en difficulté, financer un programme de recherche contre une maladie rare ou la rénovation d’une tapisserie des Gobelins? Parlez-en à un spécialiste en matière de philanthropie, votre… banquier privé ! La philanthropie est une expertise à part entière, qui s’insère naturellement dans l’accompagnement patrimonial, fiscal et financier qu’il prodigue.

Certaines banques privées liées à des familles de mécènes comme les Rothschild par exemple, ont depuis toujours la philanthropie chevillée au corps. D’autres, comme BNP Paribas Wealth Management, ont senti très tôt qu’il fallait s’organiser pour répondre à la demande croissante des clients les plus fortunés. La banque de la rue d’Antin a créé une offre dédiée à la philanthropie dès 2007, sous l’impulsion de son président d’alors, François Debiesse. Aujourd’hui, l’idée a fait son chemin et la plupart des banques privées sont équipées ou en passe de l’être.

UNE PRISE DE CONSCIENCE

« Nous travaillons depuis longtemps avec nos clients sur ce thème de la philanthropie parce que cela fait partie de leurs centres d’intérêt et qu’au titre de la relation globale que nous entretenons avec eux, nous devons répondre intelligemment à leur demande », dit Vincent Joulia, directeur de la banque privée et de la gestion de fortune à la banque Transatlantique. Depuis près de deux ans, la banque a même créé un département dédié, dont elle a confié les rênes à une grande spécialiste en la personne de Croisine Martin-Roland, précédemment chargée du mécénat du fonds de dotation du musée du Louvre.

« La crise de 2008 a ébranlé les consciences et beaucoup de nos clients se sont demandé à quoi servait leur argent. Certains ont voulu que leurs investissements, en plus d’avoir un impact économique, aient également un impact social fort. Les caisses de l’état étant de plus en plus vides, ils ont compris qu’ils pouvaient être les relais dont notre société a besoin », poursuit Vincent Joulia.

Et puis, la philanthropie d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec la charité d’antan. « Nous sommes de plus en plus systématiquement interpellés par nos clients sur le thème de la philanthropie, notamment par les entrepreneurs, au moment où ils cèdent leur entreprise, confirme Nathalie Iehl, responsable philanthropie et investissement à impact social chez LCL. C’est très nouveau et lié au concept anglo-saxon du “ give back ” : ces chefs d’entreprise veulent rendre à la société ce qu’elle leur a donné ».

UNE EXPERTISE ET DE NOUVEAUX SERVICES

Pour répondre à cette demande, l’offre des banques privées s’est étoffée. Outre l’expertise patrimoniale dédiée, qui a toujours existé et qui vise à trouver la meilleure structure juridique et fiscale pour porter la générosité du donateur (fonds de dotation, fondation sous égide, fondation reconnue d’utilité publique, etc.), les établissements ont développé d’autres services.

« Nous sélectionnons pour le compte de nos clients de grandes fondations au sein desquelles ils pourront créer leur propre véhicule philanthropique. Cela leur permet de se consacrer au soutien de la cause choisie, sans les problèmes administratifs, comptables, juridiques, qui sont de l’unique ressort de la fondation abritante », précise Nathalie Iehl.

La Banque Transatlantique vient, elle, de créer son propre fonds de dotation, qui lui aussi peut abriter les fonds de ses clients. « Pour ceux qui ne veulent pas aller jusqu’à la création d’un véhicule dédié, mais qui sont prêts à faire des dons, nous organisons des soirées de speed-dating, où des fondations, triées sur le volet, sont invitées à présenter leurs projets », détaille Vincent Joulia. Effet de mode ou tendance durable ? Tous les indices plaident en faveur de la deuxième proposition.

Lucile Perlemuter

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