Apprentis d'Auteuil
Sens et Finances - Le journal de la Philanthropie d'avenir
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« La Touline », un dispositif pour favoriser l’ancrage humain

Publié le 5/04/2016

Ce dispositif, entièrement tourné vers les jeunes qui sortent des établissements dédiés à la protection de l’enfance, vise à leur apporter le soutien nécessaire pour acquérir leur indépendance matérielle, mais aussi affective.

iStock_000034755682XXXLargeLa touline, c’est le cordage qu’on envoie d’une embarcation vers le port, pour s’y amarrer. Une belle image pour désigner un dispositif, intégralement financé par Apprentis d’Auteuil, qui vise à accompagner une population de jeunes particulièrement fragilisés, celle qui relève de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

Ces jeunes sont séparés de leur famille et placés dans des établissements ou services de protection de l’enfance, à la demande des services sociaux ou des juges. Et, c’est précisément au moment où ils atteignent leur majorité, que cette aide publique obligatoire, financée par les départements, cesse. «Cette protection peut être prolongée jusqu’à 21 ans, lorsque des Conseils départementaux acceptent de signer pour eux un contrat “ jeune majeur ”, mais compte tenu des contraintes financières, c’est de plus en plus rare », explique Cécile Valla, responsable nationale du projet « La Touline ».

Dans ce contexte, Apprentis d’Auteuil – qui accueille notamment des enfants placés dans ses établissements – a voulu réagir. « La fin de la prise en charge par l’ASE tombe pour beaucoup comme un couperet. Du jour au lendemain, ils doivent s’assumer entièrement, trouver un logement, se nourrir, trouver un travail… Ces nouvelles responsabilités ont été travaillées en amont dans les établissements mais la transition peut être rude, d’autant plus que ces jeunes n’ont, le plus souvent, aucun soutien familial. Au-delà de leur indépendance matérielle, se pose surtout la question de leur autonomie affective », poursuit Cécile Valla. Le dispositif « La Touline », actuellement déployé à Dijon – et dans l’année à Lille, à Nantes et dans le Val d’Oise –, propose d’atténuer la rupture liée à la sortie de l’établissement de protection de l’enfance.

Pour cela, les jeunes sont invités à une rencontre mensuelle, où ils se retrouvent entre eux, ce qui permet de construire un sentiment d’appartenance et les liens nécessaires à leur sûreté affective. L’objectif est que ces temps de rencontre débouchent sur d’autres temps partagés, des sorties ou animations. Par ailleurs, les jeunes qui en ont besoin sont suivis par le coordinateur en matière d’insertion sociale et professionnelle. Après avoir identifié leurs besoins, il les oriente auprès des différentes associations ou services publics d’aide au logement, à la santé, à la formation, à l’emploi… Ceux qui ont besoin d’un accompagnement encore plus personnalisé sont épaulés par des bénévoles. « Il s’agit d’une expérimentation, que nous déploierons plus largement si les résultats sont probants et si nous réussissons à mobiliser les financements privés nécessaires », conclut Cécile Valla.

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