Apprentis d'Auteuil
Sens et Finances - Le journal de la Philanthropie d'avenir
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Mesurer l’efficacité de l’action… pour assurer la réussite du mécénat

Publié le 23/11/2015

dossieri-200-120Pour répondre à l’exigence d’un mécénat toujours plus efficace qui anime désormais toute entreprise responsable, les structures d’intérêt général se doivent d’évaluer l’impact de leurs actions avec précision. De l’expérimentation à la mise en œuvre, Apprentis d’Auteuil intègre progressivement cette nouvelle dimension.

La mesure de l’impact des programmes d’intérêt général est désormais cruciale à double titre. D’abord parce que les structures d’intérêt général telles que la Fondation Apprentis d’Auteuil se doivent d’évaluer leurs actions pour mieux les renouveler ou inventer des dispositifs complémentaires. Ensuite parce que les entreprises mécènes elles mêmes doivent aujourd’hui s’assurer de l’efficacité de leurs « investissements sociaux » accordés à ces actions. Ainsi, le mouvement vers l’évaluation des résultats est lancé. En témoigne la conviction de certains mécènes, comme Pierre-Hervé Gauthier, président de la Fondation Robert Abdesselam et partenaire du Projet Tennis d’Apprentis d’Auteuil : « c’est une bonne démarche de mesurer l’impact social, car il est normal de financer, mais il faut aussi démontrer qu’il y a bien une utilité sociale et éducative. » La question n’est plus celle du pourquoi mesurer mais plutôt celle du comment.

 

Une méthodologie propre à chaque action

« Il y a des milliers de méthodes d’évaluation, estime Clémence Skierkowski, responsable du projet AFC et des évaluations chez Apprentis d’Auteuil. Certaines actions de mécénat social se prêtent à la mesure quantitative. Par exemple, pour notre service téléphonique écoute Infos Familles, on est en mesure de calculer un SROI (Social Return On Investment). D’autres actions n’autorisent qu’une approche qualitative.
Le plus important est, à mon sens, d’adapter la mesure à la nature de l’action et, notamment de réfléchir à l’évaluation dès la conception ». Justement, lancer la mesure d’impact en même temps que l’action elle-même n’est pas si simple. Ce réflexe, le projet Tablettes numériques mené avec la Fondation Orange, a voulu l’adopter tout de suite. En 2013, 99 Ipads et 3 Mac Book pro ont été fournis à des jeunes en internat, pour les aider dans leur parcours scolaire et leur développement personnel. Un questionnaire a été adressé aux éducateurs et enseignants avant l’opération puis un an après pour mesurer les écarts. « Il faut comprendre qu’avec nos mécènes, nous sommes entrés dans une logique de co-construction des programmes et de leur mesure. Je trouve que leur attitude, au début interrogative, est saine : elle nous oblige à argumenter non plus sur les moyens que nous déployons, mais sur nos résultats. Lorsque les partenaires sont convaincus, ils s’impliquent bien plus, dès la conception du dispositif », explique Clémence Skierkowski. Ainsi tout l’intérêt de l’évaluation est de proposer aux jeunes des actions toujours plus efficaces et de renouveler celles qui doivent l’être.

 

Des démarches co-construites entre partenaires

Les fondations Lacoste et Robert Abdesselam soutiennent le projet Tennis depuis les premiers échanges de balles en 2007 et s’intéressent aussi à l’impact de leur action. Beryl Lacoste-Hamilton, présidente de la fondation Lacoste rend visite aux jeunes sur les courts et en mesure par elle-même les effets. « Le projet Tennis leur fait du bien, je le constate sur place. Non seulement ils s’amusent et c’est important, mais en même temps ils gagnent en persévérance, concentration et respect. Ils prennent aussi un peu plus confiance en eux. Certains enfants apprécient même de pratiquer un sport qui leur paraissait inaccessible ».
En huit ans, ce projet a donné lieu à deux études de mesure complète, qui dévoilent des résultats chiffrés, mais font surtout la part belle au terrain, avec des comptes-rendus d’entretiens sur place, auprès des éducateurs et bien entendu, des jeunes. Côté méthode, Apprentis d’Auteuil confie généralement ce travail à un tiers indépendant, un scientifique ou un expert. L’évaluation externe du projet Tablettes numériques a ainsi été réalisée par un expert externe. Les enseignements de ces études sont parfois surprenants. « Il faut rester attentif aux impacts les moins immédiatement visibles. Par exemple, pour un projet musical destiné aux enfants en difficulté, au-delà des impacts les plus visibles sur la motivation, l’esprit d’équipe ou encore l’estime de soi, nous aidons l’équipe pédagogique à mieux formaliser les impacts sur les apprentissages scolaires. », note Clémence Skierkowski. Beryl Lacoste-Hamilton accorde aussi beaucoup d’intérêt aux effets collatéraux, comme la socialisation ou l’esprit d’équipe, qui se manifestent lors du tournoi de tennis inter- centres, national et annuel. « Pour ces jeunes, nous avons voulu un Projet Tennis de grande qualité, avec de bons enseignants. Je ne suis pas surprise que cela ait des répercussions dans de nombreux domaines », conclut-elle.

Jean-Philippe Pié

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